« Il nous est à chacun arrivé, dans une bibliothèque ou chez un bouquiniste, ouvrant un livre, d’y trouver la trace matérielle d’un précédent visiteur, et d’éprouver ce sentiment mêlé de curiosité et de rêve : une énigme qui nous concerne. Les livres ont constitué notre imaginaire. Lequel d’entre nous, quand nos bibliothèques basculent dans l’univers vir- tuel, pour ne pas s’interroger sur ce que nous avons déposé de nous-mêmes dans les livres, et qu’il s’agit de ne pas laisser perdre ?
Nicolas Aiello est plasticien, il travaille en permanence sur l’espace et les signes urbains.
Dans une bibliothèque rurale (Frocourt), puis à la bibliothèque municipale de Montreuil (Seine Saint-Denis), enfin à la BPI (Beaubourg, Paris), il a photographié, dans la lumière ambiante, les objets, traces, griffonages, listes laissés dans les livres. Qu’est-ce qu’il nous est donné à lire, ici, de nous-mêmes, et de ce que nous-mêmes avons glissé dans les livres qui sont nôtres ? »

Texte de François Bon, écrivain et fondateur de la maison d’édition numérique Publie.net.
2009.