« Ces odeurs d’art sont des métaphores délicieusement ironiques des sculptures et des tableaux destinés à provoquer un apaisement des tensions générées par la vie et ses difficultés ou à discrètement émoustiller les sens. En outre, elles occupent non seulement l’espace du white cube, mais plus précisément encore ce qui en fait l’essence, les cimaises immaculées, désodorisées...»
« ... Nicolas Aiello se montra moins bien élevé ou moins consensuel lorqu’il réalisa Al pomodoro ... Elle (l’oeuvre) repose sur une idée simple. Une odeur de sauce tomate mijotant à feu très doux est diffusée dans l’espace. À Grenoble, Nicolas Aiello avait profité de la présence d’un conduit d’aération pour installer son réchaud dans une pièce proche de la salle d’exposition. À Fontaine, il fit construire le long d’un mur une fausse colonne imitant celle qui se trouvait au centre de la galerie. Une trappe permettait de surveiller et une bouche d’aération laissait échapper l’odeur. Ainsi rien n’était visible, mais les relents de la sauce italienne cuisinée selon une recette familiale étaient parfaitement perceptibles.»


Extraits du texte de Denys Riout dans les Cahiers du MNAM (Centre Pompidou), numéro 116 (été 2011), à propos de ma pièce olfactive Al Pomodoro.
2011.

Denys Riout est
historien de l’art, professeur émérite d’histoire de l’art moderne et contemporain, à l’Université Paris 1 — Panthéon-Sorbonne.